L'école en France et en Europe

1) L’âge d’entrée à l’école, disparité entre les pays européens


Depuis la rentrée de septembre 2019, l'instruction en France est obligatoire à partir de 3 ans et plus 6 ans comme cela pouvait être le cas jusque-là.


Conséquence de cette nouvelle loi, la plupart des enfants étant scolarisés à l’école, il n'est plus possible pour les parents de repousser la rentrée scolaire de leur tout petit. Sauf à entrer dans le processus appelé communément IEF (instruction en famille).


Autrement dit, un enfant de 3 ans ne peut plus rester un an de plus chez la nourrice ou auprès d’un de ses parents sans devoir être déclaré en Instruction en Famille. Je ne m'étendrai pas ici sur le sujet, car la loi a beaucoup changé dernièrement et elle mérite un

article à elle toute seule.


Deuxième conséquence de cette obligation d'instruction, les écoles privées sous contrat avec l'Etat peuvent désormais bénéficier d'aides et de subventions de l’Etat pour leurs classes de maternelle puisque l’instruction y est obligatoire. Alors que, jusqu'en septembre 2019, les années de maternelle devaient être financées par ladite école si elle décidait d'ouvrir des classes.


Alors l'instruction est devenue obligatoire dès 3 ans, voire 2 ans et demi (pour les enfants nés en fin d'année) en France, mais qu'en est-il de nos voisins européens?


En Europe, hormis la France, seule la Hongrie impose une scolarisation obligatoire dès 3 ans.


Si la majorité des pays européens imposent une instruction ou une scolarisation à partir de 6 ans, la Grèce, le Luxembourg et la Suisse demandent que les enfants soient en instruction dès 4 ans. Mais avec des nuances, par exemple en Suisse, à 4 ans un enfant ira à l'école 2h chaque matin et non la journée entière dans certains Cantons.


En Autriche, à Malte, au Royaume-Unis ou en Bulgarie, l'école commence à 5 ans.


Quant à la Pologne, l'Irlande, la Finlande, la Suède, la Norvège ou encore le Danemark, il faudra attendre 6 ans pour fréquenter les bancs de l'école.


Et c'est en Estonie que les enfants découvriront ce lieu le plus tard, puisqu'il leur faudra attendre d'avoir 7 ans. Pour autant, l’Estonie a de très bons résultats aux études PISA, mais nous verrons cela un peu plus tard dans cet article.


Si la plupart des pays européens demandent à ce que l'instruction dure au moins jusqu'à 16 ans (parfois 15 ans comme en Autriche), trois pays imposent une instruction jusqu'à 18 ans : la Belgique, l'Allemagne et le Portugal.


Ainsi le temps d'instruction obligatoire varie entre 9 et 13 ans en fonction des pays. Sachant que seules la France et la Hongrie ont une couverture d'instruction aussi longue commençant à 3 ans et se terminant à 16 ans.


En moyenne l'âge couvert par les apprentissages obligatoires est de 11 ans en Europe, même si 14 des 31 pays couvrent 10 ans, ce qui reconnaissons-le est déjà très long pour celui qui n'aime pas l'école.


Je vous laisse apprécier ce petit récapitulatif sachant que pour la France, il faudra ajouter les 3 ans devenus obligatoires de 3 à 6 ans.



2) Durée d’une journée d’école, chaque pays sa méthode


Mais la journée d'école dure-t-elle le même temps dans chaque pays? La réponse est NON.

Le temps d'enseignement sur la semaine peut varier du simple au double, surtout sur les premières années d'école.


Avec ses 24 heures hebdomadaires dès l'âge de 3 ans, la France se situe naturellement dans le haut du panier avec 4 320 heures de cours sur les cinq premières années, soit 864 heures par an. Quand la moyenne en Europe se situe à 3 720 heures, soit 744 heures par an. Sur des années avec 36 semaines d'école cela représente une différence d'un peu plus de 3 heures par semaine d'école en moins entre la moyenne européenne et la France.


Ainsi en Finlande, les élèves passent 3 094 heures sur cinq ans sur les bancs de l'école, soit environ 17 heures par semaine si on ramène cela sur des années de 36 semaines. L'écart avec nos petits français est de taille puisque chaque semaine les finlandais passent 7 heures en moins à l'école.


De l'autre côté de l'échelle nous avons le Luxembourg et ses 5 440 heures sur 5 ans, ce qui reviendrait à faire des semaines de 30 heures durant 36 semaines, soit 6 heures de plus que nos petits français.


Pour mieux situer chaque pays, voilà un petit récapitulatif :

La France est donc très largement dans le haut du panier en ce qui concerne le nombre d’heures passées à l’école par semaine. Si nous prêtons attention aux deux pays de l’Union européenne qui ont les meilleurs résultats aux études PISA, à savoir la Finlande et l’Estonie, nous pouvons remarquer que ce n’est pas dans ces pays que les élèves passent le plus de temps à l’école.


Autrement dit, il n’y a pas de corrélation forte entre le temps de présence à l’école, et le niveau général des élèves.



3) Nombre de semaines de vacances sur un an


Enfin, nous pouvons également nous attarder sur le nombre de semaines de vacances de chaque pays européen et le nombre de jours par semaine, travaillés. La quasi-totalité des pays européens, prévoit des semaines de 5 jours certains de 6 jours comme c’est le cas de certains Landers en Allemagne. Avec ses enseignements regroupés sur 4 jours, la France fait partie des exceptions sur ce plan. La conséquence étant, l’allongement du nombre d’heures de cours journaliers des petits français sur les jours d’école bien entendu, et cela dès l’âge de 3 ans.


D’une manière générale, chaque pays tend également à allonger les journées d’école des enfants, cela dans le but de libérer les parents, notamment la mère, afin que cette dernière puisse travailler.


L’autre particularité de la France est de ne pas différencier le nombre d’heures de cours pour un enfant de 4 ans et pour un enfant de 9 ans. En effet, à partir du moment où l’élève français intégrera l’école publique, il aura un emploi du temps hebdomadaire de 24h qu’il soit en petite section de maternelle ou en Cm2. Heureusement les petites vacances sont un peu plus nombreuses. Cela permet de se reposer régulièrement durant l’année scolaire.


En ce qui concerne la durée des vacances d’été, il est à noter que les pays qui ont des congés plus courts sont souvent ceux qui bénéficient de vacances de 3ème trimestre, en mai généralement. C’est le cas des Pays Bas, de l’Allemagne et de la Grande Bretagne. De plus, les pays comme le Liechtenstein qui comptabilisent le moins de congés au total ont souvent un nombre de jours fériés assez importants, supérieur à 10.


C’est pourquoi il est difficile de ne comparer que les semaines de vacances pour se faire une idée du nombre de jours travaillés par les élèves. Toutefois voici un tableau récapitulatif, qui montre que la France est loin d’être une exception avec ses deux mois de vacances d’été.



4) Nombre d’élèves par classe en maternelle et en élémentaire en Europe


En ce qui concerne le nombre d’élèves par enseignant, le contraste entre les différents pays européens est particulièrement marqué.


Si en Suède, en Grèce ou encore au Luxembourg, les enfants sont en général moins de 10.

De l’autre côté du spectre, on retrouve la France, la Roumanie ou encore le Royaume-Uni (qui n’est plus en Europe mais dont on parlera quand même vu sa proximité géographique) qui comptent presque 20 élèves par professeur.


La majorité des pays européens se situant entre ces deux extrémités entre 11 et 15 élèves par enseignant. C’est le cas de la Finlande (13,5 élèves), la Bulgarie (12,5 élèves) ou encore la Belgique (14 élèves).


Voici deux tableaux comparatifs datant de 2015, l’un concernant l’école maternelle et l’autre l’école élémentaire (du CP au CM2).



5) Bilan et conclusion sur l’école française


Si nous nous plaçons d’un point de vue européen, nous pouvons convenir que les petits français :

- travaillent moins de jours par semaine, seulement 4 jours au lieu de 5 voire 6 jours

- ont des journées de cours très longues, 6 heures de cours par jour contre 4 à 5 heures pour les autres

- ont un nombre d’heures annuelles élevées 864h par an contre 744h par an en moyenne, soit plus de 3 heures de cours en plus par semaine

- commencent l’école très tôt, dès 3 ans contre 5,5 ans en moyenne en Europe

- n’ont pas de prise en compte de leur âge dans le nombre d’heures de cours hebdomadaires : 24 h de cours de la petite section de maternelle (3 ans) au CM2 (10ans)

- ont un nombre de semaines de vacances l’été compris dans la moyenne européenne

- ont plus d’élèves par professeurs que leurs compatriotes européens que ce soit en maternelle ou en primaire


Toutes ces caractéristiques sont-elles bénéfiques, neutres ou néfastes pour les enfants français ? Il est difficile de répondre clairement à cette question. Mais l’étude PISA peut nous donner quelques pistes de réflexion.



6) Place de la France dans l’étude PISA 2019


Avec ses particularités, l’école française n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu, d’après les différentes études PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) de ces dernières années. En effet, tous les trois ans, depuis les années 2000, l’OCDE organise au niveau mondial une évaluation des systèmes éducatifs par le biais de tests sur plusieurs matières et la France ne brille pas par sa réussite.


En 2019, la France était classée 23ème alors que l’Estonie était classée 4ème et la Finlande 6ème. Depuis de nombreuses années maintenant, la France stagne entre la 23ème et la 26ème position en fonction de la matière évaluée (maths, sciences ou lecture) sans que la moindre progression soit visible.


Toutefois en décembre 2022, le nouveau classement PISA 2021 sera disponible, il sera alors possible d’apprécier les dernières mesures mises en place dans les écoles françaises. Et ainsi se rendre compte de leur intérêt pour nos petits écoliers.


Nous pourrons savoir si notre système éducatif va dans le bons sens, ou s’il est à revoir, quitte à s’inspirer du modèle finlandais ou estonien…

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